Zoom sur l'Etna
L'objectif de ce voyage était de vivre un volcan encore en activité, entrevoir la grandeur d'un volcan de 3300 m d'altitude de plein pied sur la mer Ioniène...D'abord le camp de base
La journée clé
de ce périple a commencé tôt. Le lever,
programmé à 5h45
nous a permis de figer notre motivation
devant un lever de soleil égéien.
Après le coup de stress d'avoir râté le seul bus
pour rejoindre Catane, nous avons commencé une ascension de deux
heures vers le premier palier touristique rempli de magasins à
1900 m d'altitude. La route était taillée dans une
ancienne coulée de lave très large. De là nous
avons enchaîné sur une ascension en oeufs de 400 m. Le
prix du billet est élevé, mais il faut être
indulgent puisque les remontées mécaniques sont
régulièrement détruites par les éruptions
volcaniques.
A cette altitude, il fait froid. Pour un euro de plus, il
est possible de prendre un bon coupe vent. Heureusement que tout est
prévu.
L'ascension
Le sommet de l'Etna
Nous avons poursuivi notre ascension en ligne droite vers le sommet.
Une petite pause déjeuner s'imposait alors, à l'abri
d'un vent très fort. Pas facile de trouver un abris dans un
désert de pierre volcanique. Pour l'ascension de la
dernière partie, la grande cheminée, nous sommes revenus
sur le sentier en lacets, avons pris un rythme de marche très
lent dans ce sol meuble, et ne l'avons plus lâché. ![]()
La
surprise du sommet a été de taille. Aucun d'entre nous
n'aurait imaginé trouver un cratère fumant à ce
point. Le premier réflexe a été d'immortaliser
l'instant par une séance photos digne d'explorateurs. A
quelques mètres du nuage, l'atmosphère était
irrespirable. Faire le tour complet du cratère aurait
été tout simplement impossible, la seule
alternative étant de rester au dessus du vent. Mais nous
n'étions pas encore au bout de nos surprises.
![]()
Au sommet il ne
s'agissait pas d'un mais de deux énormes cheminées qui
nous attendaient. Entre ces immenses cratères, une plaine noire
parsemée de minuscules cheminées n'inspirait que le
chaos et la désolation. Leurs vapeurs, en déposant leur
souffre jaunâtre, sur la pierre étaient la seule note
colorée de ce tableau. Après avoir traversé ce
paysage désertique, le cratère le plus haut était
aussi le plus majestueux. ![]()
Taillé en biseau, il présente
au premier plan un cratère impressionnament profond et abrupt,
et au second plan son immense fronton jaunâtre, d'où
s'échappent quelques panaches de fumée
immédiatement balayés par le vent.
Rien à ajouter
à cette scène, non parce que cela n'en vaut pas la peine
mais que mes talents de narrateur ont atteint leurs limites. Il s'agit
d'un moment indescriptible à vivre.
Les portes de l'enfer
En continuant, nous sommes arrivés au pied du dernier
cratère. Celui-ci était facilement repérable de
loin car détaché des deux autres et surtout
taillé en cône tronqué comme un volcan de dessins
animés.
Nous avons débattu pendant quelques minutes pour
savoir s'il était sage de le gravir. En effet, cette
cheminée était réellement impressionnante car
abrupte et recouverte de bombes coupantes. Qui plus est, le vent
était vraiment violent. Mais nous étions arrivés
ici pour voir des volcans et n'avons pas résisté
longtemps. En quelques minutes, nous en avions atteint le sommet.
![]()
Arrivés en haut, nous avons tous été
emparés d'un même sentiment: la peur. Nous étions au
bord du cratère, blottis contre des pierres avec le sentiment
qu'il s'agissait des portes de l'enfer. Le cratère était
abrupte, rouge, et nous sentions que les pierres sur lesquelles nous
étions installés étaient en
déséquilibre au dessus de ce vide. Après quelques
clichés, nous sommes rapidement redescendus de cette
cheminée. Pour profiter d'avantage de l'Etna, nous sommes
remontés sur le cratère principal pour profiter une
nouvelle fois de la force que dégageait cette cheminée. Et
comme toutes les bonnes choses ont aussi une fin, nous avons
entamé la descente. Elle fut beaucoup moins laborieuse que la
montée. Il suffisait de se laisser aller à courir. Et pour
freiner ... il suffisait de sortir du sentier pour s'enfoncer dans la
pierre volcanique et être immédiatement
arrêté. Nous avons alors rejoint la cheminée
touristique qui nous a semblée ridicule. Dommage pour tous ceux
qui en étaient restés là... La fin de la descente
fut difficile, nous avions tous les jambes coupées. Je crois que
nous avons tous fait un petit somme dans le bus du retour.
La réussite de cette journée a été due à l'immense surprise au sommet. Nous avions tous imaginé ce sommet mais personne ne s'était préparé à un tel spectacle.
Dernière modification de la page : 15-02-2005 12:03
